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Médecine

Recul des maladies nosocomiales en France

Une étude menée dans les hôpitaux de l’Assistance publique récemment publiée dans les Archives of Internal Medicine montre une baisse des staphylocoques dorés multirésistants à la méthicilline (SARM) de 35% entre 1993 et 2007. Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard (du moins espérons le !) mais la conséquence d’une authentique prise de conscience.
Des débuts difficiles : en 1993, une équipe de réanimateurs et de biologistes met en place, dans les 38 hôpitaux de l’AP-HP, des mesures visant à réduire la transmission croisée (par les mains et le matériel via le personnel soignant) . La priorité est donnée à l’hygiène pour que ce type de transmission soit réduit au minimum. Mais, au début, les soignants se montrent réticents à utiliser le gel hydroalcoolique. C’est à partir des années 2000 que son usage se généralise.
Personnellement, je dois souligner les efforts fournis par les équipes d’hygiènes des hôpitaux qui nous délivrent régulièrement (voire trop) des cours sur l’intérêt de l’utilisation du gel hydroalcoolique : nos études nous formatent complétement à l’utiliser, je ne sais pas travailler sans !

L’utilisation de ce gel a simplifié le quotidien du personnel soignant qui l’utilise après avoir refait un lit, servi à boire à un malade. Aujourd’hui, la majorité des soignants ont un flacon de gel dans la poche et des distributeurs sont disponibles un peu partout dans les hôpitaux.
Résultats encourageants : entre 1993 et 2007, le nombre de SARM a chuté globalement de 60% en réanimation, la baisse a atteint 60% en chirurgie, et en médecine générale, 40% .
A noter toutefois que les mesures d’hygiène sont nécessaires mais loin d’être suffisantes. Si la question des antibiotiques n’est pas abordée de front, l’épidémie de SARM ne pourra pas être éradiquée car les germes seront de plus en plus résistants.

Le meilleur moyen reste donc la prévention : amis soignants, lavez vous les mains et utilisez le gel hydroalcoolique.
Je rappelle pour les acharnés qui dégainent leur flacon au moindre doute depuis l’épidémie de grippe A que ce gel ne lave pas les mains : en cas de souillure, rien ne remplace un bon lavage avec du savon. Le gel hydroalcoolique intervient dans un second temps !

En illustration : a gauche milieu de culture après empreintes de main lavées au savon, a droite idem mais avec utilisation de gel hydroalcoolique… Les images parlent d’elles mêmes !