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Nutrition

Efficacité des oméga 3 dans la dépression majeure sans trouble d’anxiété

La prise d’oméga-3 sous forme de suppléments est efficace chez des patients souffrant de dépression majeure sans trouble d’anxiété, révèle une étude dirigée par le Dr François Lespérance, du Centre de recherche du CHUM, chef du département de psychiatrie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal et professeur à l’Université de Montréal.
Publiée le 15 juin dans la revue The Journal of Clinical Psychiatry, il s’agit de la plus importante étude sur l‘efficacité des oméga-3 dans le traitement de la dépression majeure.

Les analyses primaires n’ont pu démontrer clairement l’efficacité des oméga-3 pour l’ensemble des patients prenant part à l’étude. Toutefois, d’autres analyses ont démontré l’efficacité des oméga-3 chez les patients pour lesquels un diagnostic de trouble de l’anxiété ne s’ajoutait pas au diagnostic de dépression. Chez ces patients, l’efficacité est comparable à celle généralement observée avec des antidépresseurs conventionnels.

D’octobre 2005 à janvier 2009, 432 participants, hommes ou femmes atteints d’une dépression majeure de type unipolaire, ont été recrutés pour cette étude randomisée, à double insu (ni les chercheurs ni les participants ne savaient quelles capsules leur étaient administrées). Pendant huit semaines, la moitié des patients ont pris trois capsules par jour d’OM3 Équilibre émotionnel, un supplément d’huile de poisson hautement concentré en acide eicosapentanoïque (AEP), et l’autre moitié trois capsules identiques d’un placebo fait d’huile de tournesol aromatisée d’un peu d’huile de poisson.

Contrairement aux essais cliniques typiques évaluant l’efficacité des antidépresseurs, cette étude comprenait une proportion importante de patients présentant des pathologies complexes et difficiles à traiter, dont des patients résistants aux traitements antidépresseurs conventionnels, et des patients souffrant aussi d’un trouble d’anxiété, et ce afin de pouvoir évaluer la valeur de ce traitement pour un ensemble plus large de gens semblables à ceux traités en clinique externe.

 

Dépression : un enjeu de santé publique

Au Canada, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes feront une dépression majeure au cours de leur vie, ce qui en fait l’un des principaux enjeux de santé publique de notre société. Il est prévu que la dépression, actuellement au quatrième rang, deviendra en 2020, la deuxième cause de morbidité et de mortalité dans le monde. « Malgré des progrès significatifs en neurosciences au cours des 20 dernières années, la dépression est une maladie difficile à traiter », souligne le Dr Lespérance.

Face à un taux d’abandon élevé de la prise du médicament chez plusieurs patients dans les premiers mois du début du traitement, sans compter ceux qui refusent les traitements à cause de la crainte d’être stigmatisés ou d’effets secondaires, il n’est pas surprenant qu’un nombre significatif de patients souffrant de dépression majeure utilisent des traitements dits alternatifs, en dehors du système de santé. « Plusieurs de ces traitements n’ont pas été évalués adéquatement, d’où la nécessité d’évaluer si l’un des plus populaires d’entre eux, la prise d’oméga-3, est efficace. », précise le Dr Lespérance.

Des études épidémiologiques et neurobiologiques ont suggéré qu’une déficience relative en acides gras polyinsaturés de type oméga-3 prédisposerait à des troubles mentaux, dont la dépression. Aussi, quelques études cliniques préliminaires avec de petits échantillons ont suggéré que des suppléments d’oméga-3 avec de fortes concentrations d’AEP ont un impact favorable sur les symptômes dépressifs chez les patients n’ayant pas répondu à un traitement initial par antidépresseurs. Toutefois, ces études sur la dépression n’avaient pas convaincu l’ensemble de la communauté scientifique. Une étude de grande envergure fut donc nécessaire pour contribuer à l’avancement des connaissances sur les propriétés et l’efficacité des suppléments d’oméga-3 de haute qualité chez les patients souffrant de dépression majeure.

« Nous sommes fiers que OM3 Équilibre émotionnel, avec sa concentration extrême et sa pureté inégalée, apporte la dose d’AEP nécessaire à l’efficacité du traitement », explique Mme Claire Bertin, pharmacienne responsable chez isodisnatura, le laboratoire qui produit le complément oméga-3 utilisé pour l’étude.

Il est important toutefois de noter que l’étude évaluait la prise d’oméga-3 pendant huit semaines, en fonction de doses de 1,050 mg d’AEP et de 150 mg d’ADH par jour. Il n’est donc pas possible de savoir pour l’instant si l’administration de doses plus élevées ou pendant une plus longue période donnerait des résultats différents.

Ces résultats encourageants documentent que la prise d’AEP chez les patients souffrant de dépression unipolaire sans troubles d’anxiété est un traitement efficace. Des recherches additionnelles comparant directement les oméga-3 aux antidépresseurs conventionnels permettraient de confirmer plus définitivement leur utilité pour les patients souffrant de dépression.

À propos de l’étude :

La recherche, “The Efficacy of Omega-3 Supplementation for Major Depression: A Randomized Controlled Trial,” publiée dans The Journal of Clinical Psychiatry, est signée par François Lespérance, MD, PhD; Nancy Frasure-Smith, PhD; Élise St-André, MD; Gustavo Turecki, MD, PhD; Paul Lespérance, MD, MSc; and Stephen R. Wisniewski, PhD. – Lien PubMed

Discussion

11 Réponses pour “Efficacité des oméga 3 dans la dépression majeure sans trouble d’anxiété”

  1. L’effet des omega-3 dans le traitement de la dépression est un sujet très passionnant et les études qui s’y rapportent sont très encourageantes. Des études additionnelles sont probablement encore nécessaires avant de pouvoir substituer un traitement d’antidépresseur par des omega 3.
    Cependant rien ne devrait empêcher dès maintenant d’associer ces 2 traitements. Une étude publiée dans “Australian and New Zealand Journal of Psychiatry” est à ce sujet très intéressante bien qu’effectuée sur un petit nombre de patients. Elle montre une efficacité presque identique entre 1000 mg d’EPA ou 20 mg de Fluoxétine. Cependant les patients ayant reçu l’association de ces 2 traitements ont une réponse nettement améliorée. Le taux de réponse positive étant respectivement de 50%, 56% et 81%.
    Pourquoi s’en priver ?

    Comparison of therapeutic effects of omega-3 fatty acid eicosapentaenoic acid and fluoxetine, separately and in combination, in major depressive disorder
    Authors: Shima Jazayeria; Mehdi Tehrani-Doostb; Seyed A. Keshavarza; Mostafa Hosseinic; Abolghassem Djazayerya; Homayoun Aminib; Mahmoud Jalalia; Malcolm Peetd

    http://www.informaworld.com/smpp/content~content=a790366705~db=all~order=page

    Publié par Gerald Langel | 31 juillet 2010, 12 h 21 min
  2. Merci pour l’info et le lien, voila une bonne voie de recherche.
    En effet, si les omégas3 arrivent à prouver (médicalement) leur efficacité, le saumon, le flétan, le hareng, le maquereau, les anchois et les sardines n’auront qu’a bien se tenir !

    Publié par Vincent | 31 juillet 2010, 18 h 19 min
  3. Publié en février 2010, un autre article fort intéressant expliquant qu’un traitement à base de supplémentation huile de poisson apparaît être aussi efficace que la prise de médicaments pour diminuer d’un quart le taux de maladies psychotiques comme la schizophrénie.
    A lire donc sur Knowtex, le réseau de connaissance scientifique et technique.
    http://knowtex.com/7073

    Publié par biret | 5 août 2010, 11 h 06 min
  4. Il serait tres interessant d’avoir une liste d’aliments contenant ce fameux omega 3. Les huiles de poisson en ont une forte concentration mais il serait interessant (en tous cas pour moi)de connaitre d’autres variétés d’aliment possédant ces omega3.

    Publié par Baume du tigre | 30 septembre 2010, 11 h 27 min
  5. Voici une petite liste non exhaustive des aliments ou vous pouvez trouver des omégas 3:
    les huiles: colza, soja, germe de blé, noix
    noix et graines: noix, cacahuètes, noix de pecan
    Légumineuses: fèves de soja, graines de sésame, pois (secs)
    Céréales: germes de blé, orge, céréales complètes
    Légumes: pourpier, épinards

    Publié par Baume du Tigre | 20 novembre 2010, 12 h 30 min
  6. Hélas pour moi, les Omega 3 n’ont pas marché.
    En raison d’un état dystimique qui durait depuis un moment, j’ai commencé a prendre les gélules d’isodis nature mais au bout de plusieurs mois cela ne m’aura pas évité de faire une dépression majeure sévère.
    Il se peut que cela soit dû a une forte composante anxieuse chez moi.
    Je vous souhaite plus de chance.

    Publié par Manuel | 1 janvier 2011, 6 h 29 min
  7. La prise d’omega 3 lors d’un état état dépressif n’est qu’une des composantes du traitement qu’il serait dommage de ne pas apporter. Cependant il existe de nombreuses autres raisons pour qu’un état dépressif puisse s’installer. Il me parait essentiel de prendre en charge cette pathologie de façon globale du point de vue micronutritionnelle.

    Publié par Gerald Langel | 1 janvier 2011, 21 h 18 min
  8. Bonjour,
    Pour un apport optimal en Oméga 3, je peux vous conseiller la prise de Krill que vous trouverez chez Esprit Santé http://www.espritsante.com
    Bon rétablissement !

    Publié par Esprit Santé | 21 janvier 2011, 16 h 16 min
  9. Je me répète un peu, mais prendre en charge une dépression par la micronutrition n’est pas quelque chose d’anodin. Comme les études citées le montre, il faut au minimum 1000 mg d’EPA pour être efficace dans la dépression.
    Toute les sources d’omega-3 sont intéressantes, mais à faible dose il ne faut pas s’attendre à avoir des effets miraculeux dans la dépression.

    Publié par Gerald Langel | 21 janvier 2011, 18 h 24 min
  10. Je ne savais pas pour les Omega 3. Mais avez-vous des informations sur le Griffonia ?

    Publié par Fred | 9 avril 2012, 19 h 53 min
  11. Le griffonia est très riche en 5-hydroxytryptophane (5-HTP) qui est le précurseur de la sérotonine. Lorsque l’on sait que la majorité des antidépresseurs sont des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS), on peut se douter de l’importance de ce neurotransmetteur. Plusieurs études ont montré une efficacité comparable des IRS et du 5-HT chez les patients dépressifs. L’avantage du Griffonia est sa très bonne tolérance comparé aux antidépresseurs classiques.

    Publié par Gérald Langel | 13 avril 2012, 14 h 01 min

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