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Nutrition

Que penser du Bisphénol A ?

C’est la nouvelle molécule à la mode, tous les magazines en parle, on le chasse comme les squalènes du vaccin contre la grippe A… Et pourtant, on ne sait pas vraiment qu’en penser… Petit retour sur les dernières infos le concernant.
Le bisphénol A (BPA) est une substance chimique entrant notamment dans la composition des biberons en polycarbonate. Globalement on en trouve dans toutes les sortes de plastiques : du tupperware au film alimentaire.

La semaine dernière, l’AFSSA,  Agence française de sécurité sanitaire des aliments, rendait son avis sur la question : elle fait part de sa préoccupation concernant ce composé mais estime qu’il n’y a pas d’urgence sanitaire.
Plusieurs associations ont dénoncé la position de l’Afssa, d’autant qu’en mai prochain, l’Agence européenne de sécurité des aliments doit publier à son tour un rapport sur le BPA.
Une étude a montré des troubles du comportement sexuel chez des rats exposés à de très faibles doses de bisphénol A in utero et pendant les premiers mois de leur existence. Face à ces résultats l’Afssa minimise en parlant d’«effets subtils» sur le comportement des rats à des niveaux de doses très inférieurs au niveau habituellement considéré comme sans effets. Elle reconnaît que ce sont des «signaux préoccupants» mais qu’ils ne sont pas suffisants pour remettre en question les précédentes évaluations.
Les experts, quant à eux, appellent  à  évaluer les niveaux réels d’exposition in utero du fœtus, car c’est à ce stade que les organes en développement sont le plus sensibles au BPA ingéré par la mère, avec des conséquences multiples sur le cerveau (comportement), l’intestin (fragilité aux maladies) et l’appareil génital. Ils souhaitent également qu’une méthodologie adaptée à la détection d’une toxicité potentielle, chez l’homme et à faible dose, soit rapidement mise en place.
Éric Houdeau, chercheur à l’INRA,  remarque que « de nouvelles cibles comme le cerveau ou l’intestin n’ont encore jamais été prises en compte par les autorités sanitaires, alors que les découvertes se multiplient ».
C’est pas pour semer la panique mais une étude épidémiologique parue ce mois-ci dans Human Reproduction révèle que les salariés d’une usine chinoise exposés à de fortes quantités de BPA ont un risque de panne sexuelle de 4 à 7 fois plus élevé que la population témoin.
Des chiffres qui font réfléchir même si l’alerte officielle n’est pas donnée !
Un conseil lu dans un magazine féminin (bouhhhhhh la honte, c’est quoi cette source :-)) : évitez de chauffer au micro onde les plats directement dans un contenant en plastique, transferez le plutot dans une assiette. A priori le BPA présent dans les récipients plastiques aurait plus facilement tendance à se transmettre aux aliments quand il est chauffé.  A vérifier…