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Etudes de médecine

Plainte du gouvernement contre université portugaise du Var qui permettrait de contourner le numérus clausus

Voilà une information pour le moins étonnante, mais qui risque de faire grand bruit. Alors que la ministre de la santé à présenté la semaine dernière le Pacte « Territoire – Santé » : 12 mesures pour lutter contre la désertification médicale et à réaffirmer ne pas souhaiter augmenter le numerus clausus pour cette année : une antenne de la faculté portugaise Fernando-Pessoa (Porto) à ouvert le 12 novembre dans le Var.

Cet établissement propose un enseignement dans trois filières : odontologie, pharmacie et orthophonie. Avec l’harmonisation Européenne, et l’équivalence des diplômes, cet établissement permet aux étudiants de contourner le numerus clausus en délivrant des diplômes portugais valables en Europe. Pour l’instant seuls une trentaine d’étudiants seraient inscris.

Début décembre, l’Ordre national des chirurgiens-dentistes s’était alarmé dans un communiqué de l’implantation de cette faculté en France : « Cette formation s’affranchirait de toute régulation et, en pratique, ne serait pas concernée par le numerus clausus. L’organisation même des formations de santé serait ainsi remise en cause.» 1

L'université Fernando-Pessoa (UFP) dispense depuis le 12 novembre à la Garde près de Toulon, à destination - pour l'instant - d'une trentaine d'étudiants, des cours en français en odontologie, pharmacie et orthophonie, et délivre des diplômes portugais, valables dans toute l'Union européenne.

L’université Fernando-Pessoa (UFP) dispense depuis le 12 novembre , des cours en français en odontologie, pharmacie et orthophonie, et délivre des diplômes portugais, valables dans toute l’Union européenne.

 

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, conteste l’octroi par l’établissement de ce terme. Se basant sur l’article L.731-14 du code de l’Education, qui prévoit que « les établissements d’enseignement supérieurs privés ne peuvent en aucun cas prendre le titre d’université », elle a demandé une recteur de l’Académie de Toulon d’intenter une action en justice. 2

Dans un communiqué datant de la mi-novembre, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), s’était inquiétée de l’ouverture de cet établissement, dénonçant le « coût des formations » (jusqu’à 9 500 euros par an, selon elle) et un « système de concurrence » mis en place par l’UFP qui « permet de contourner un processus français de sélection déjà lourd à porter pour les étudiants français de première année ».

Le vice-président de l’UFP, Bruno Ravaz, a déclaré ne pas avoir connaissance de la démarche judiciaire du ministère et s’est dit prêt à « éventuellement s’adapter et à s’appeler ‘institut’ ou ‘universidad' ». Si la plainte devant la justice allait à son terme, « il s’agirait d’une discrimination », a déploré Bruno Ravaz, évoquant d’autres établissements susceptibles d’être concernés, tels que les « universités populaires ou les universités du temps libre ». 3

Attendons avec impatiences les suites de cette histoire  car cela remet beaucoup de choses en questions en ce qui concerne la formation de nos praticiens de santé et sur l’ouverture Européenne. Quant on sait que chaque années de nombreux étudiants en médecine vont retenter leur chance en Belgique, et même en Roumanie, on peut se poser beaucoup de questions sur l’avenir du numerus clausus… Une chose est certaine, les autorités françaises et les associations de professionnels ne comptent pas en rester là…