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Recherche médicale

Agression sexuelle : le silence est un facteur de séquelles importantes

Selon une étude réalisée auprès d’un échantillon de quelque 800 adultes québécois des deux sexes, près de 25 % des victimes d’abus sexuels dans l’enfance ne révèlent jamais les sévices qu’elles ont subis. Le taux de non-divulgation est de 16 % chez les femmes et de plus du double chez les hommes, soit 34 %.

Plus le silence est long, plus les séquelles sont importantes

Chez ceux et celles qui osent révéler les sévices, 50 % attendent plus de cinq ans avant de le faire. Cette donnée inquiète Mireille Cyr. «Le nombre de victimes qui ne parlent jamais ou qui tardent à parler de leur agression est donc très élevé. Cela est malheureux puisque plus on met du temps à dévoiler la situation, plus elle dure et plus les séquelles sont importantes » souligne-t-elle.

En effet l’étude montre que le taux de détresse psychologique des victimes qui consultent un clinicien est de 7 % chez celles qui ont dénoncé l’agression rapidement et qu’il grimpe à 26 % chez celles qui ne l’ont pas fait. Seulement 20 % des femmes et 10 % des hommes signalent les incidents dans les 24 heures.

La détresse psychologique comprend les troubles anxieux, la dépression, les problèmes de concentration et l’irritabilité. Certaines victimes vivent un stress post-traumatique, éprouvent un affaiblissement des désirs affectifs, revivent psychologiquement l’abus ou se trouvent dans un état d’hyper vigilance.

 

Plus l’abuseur est proche plus le silence dure longtemps

Une question se pose encore pour Mireille Cyr : est-ce  le fait de tarder à révéler l’agression qui en amplifie les conséquences ou est-ce l’ampleur de l’agression qui incite les victimes à observer le silence ? Mais les données de l’enquête tendent à montrer que les victimes sont plus portées à dénoncer ces gestes lorsque l’agresseur est quelqu’un d’inconnu. Autrement dit, les personnes qui lèvent tardivement le voile sur les sévices subis ou qui les gardent secrets sont plus souvent des victimes de membres de la famille ou de proches.

D’après les données, les agressions graves comme le viol sont commises par des personnes connues dans 85 % des cas quand la victime est une femme et dans 89 % des cas chez les hommes. «Lorsque l’agression se passe au sein de la famille, on sait que ça dure plus longtemps et que les séquelles seront plus vives. Et, dans de telles situations, les abus sont habituellement accompagnés de violence physique et psychologique» précise-t-elle.

Via l’Université de Montréal