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Gériatrie

Nouveautés pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer

Un groupe d’experts internationaux vient de proposer une nouvelle définition de cette démence dans laquelle sont prises en compte les avancées récentes dans ce domaine, et notamment les dosages biologiques (biomarqueurs), la clé de son diagnostic. Dans un avis publié lundi en ligne dans la revue « The Lancet Neurology« , Bruno Dubois (Pitié Salpêtrière, AP-HP), premier signataire, et ses collaborateurs, montrent qu’élargir l’ensemble des critères diagnostiques de la maladie d’Alzheimer permet de l’identifier à un stade très précoce.

Jusque-là, le diagnostic était évoqué, supposé, devant des troubles de la mémoire et un faisceau d’arguments alliant certains troubles moteurs, du langage et des éléments d’imagerie. Cela étant, seule une biopsie cérébrale, (le plus souvent effectuée post mortem) permet de confirmer le diagnostic. L’objectif de cette proposition est de diagnostiquer plus tôt une maladie d’Alzheimer pour la traiter plus rapidement.

Dans un communiqué Bruno Dubois et ses collaborateurs soulignent: « il n’est plus nécessaire d’attendre l’examen post-mortem pour confirmer la maladie d’Alzheimer, le diagnostic peut désormais être posé grâce aux biomarqueurs identifiables facilement chez les patients vivants, même à un stade très précoce de la maladie ». Autrement dit, la présence d’une démence avérée n’est plus nécessaire: les patients doivent présenter des troubles épisodiques de la mémoire (des difficultés d’apprentissage d’une liste de mots, notamment) ainsi que des signes biologiques (un biomarqueur positif au moins) visibles par des examens de neuroimagerie, notamment une IRM, un PETscan, ou par l’analyse du liquide céphalorachidien (LCR). « Les patients sont identifiés avec plus de précision à un stade plus précoce », ajoutent les auteurs.

Ainsi, c’est l’association de plusieurs éléments, dont
positivité des biomarqueurs + argument morphologique retrouvé en imagerie + analyse du LCR qui permettront de poser le diagnostic de maladie Alzheimer à un stade même pré symptomatique.
Résultats : une meilleure identification des patients, qui sont parfois etiquetés un peu vite. Les personnes sans symptôme clinique mais à risque de maladie d’Alzheimer du fait de la présence de biomarqueurs positifs, ou les personnes simplement porteurs de mutations génétiques pourront participer à des essais cliniques et retarder l’apparition de leur maladie.

A un stade plus avancé de la maladie, en phase prédémentielle, les patients pourront être intégrés à des essais thérapeutiques pour retarder la progression des signes.

Les auteurs soulignent que la simplicité des critères proposés présente l’avantage principal « de ne plus attendre que le patient ait développé une démence avérée ou de ne plus exclure du diagnostic et des traitements de nombreux patients qui ont des signes de la maladie malgré l’absence d’incapacité fonctionnelle ».

La maladie d’Alzheimer touche 1/20  des 65 ans ou plus et près d’ 1/5 des octagénaires. Aucun traitement curatif  n’existe à l’heure actuelle, mais ces avancées vont permettre de développer des traitements qui pourront d’autant mieux ralentir la maladie qu’elle sera diagnostiquée à un stade précoce.

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